Au revoir Bernadette

Après 22 années passées au Service de la Formation Chrétienne des Adultes, Madame Bernadette CARENZINI a demandé à quitter le service. Église de Verdun l’a rencontrée en lui demandant de nous livrer l’essentiel de ses réflexions sur ce temps passé au service de l’Église diocésaine.

Mon engagement au Service de la Formation Chrétienne des Adultes du diocèse de Verdun est la réponse à un appel. C’était il y a 22 ans. Mère de deux filles, j’avais accepté de leur faire de la catéchèse et j’étais catéchiste d’un groupe d’enfants dans ma paroisse. Pour partager et approfondir davantage ma foi, je faisais aussi partie d’une équipe d’ACI (Action Catholique des milieux Indépendants). L’abbé Laurent VILLEMIN était alors responsable du Service de Formation. Il était aussi l’aumônier de notre équipe d’ACI. Il m’a d’abord sollicitée pour que je fasse partie de l’équipe du SFCA. Professionnellement, je travaillais en CDD à la mairie de Dieue/Meuse comme secrétaire et mon contrat arrivait à expiration. Pour mieux faire face à ses missions, le SFCA souhaitait se doter des services d’un ou d’une coordinatrice. Le père HERRIOT, alors évêque de Verdun, fit appel à moi et me demanda si j’acceptais le poste de coordinatrice du SFCA, poste rémunéré à plein-temps.

Concomitamment, il m’était demandé de suivre une formation à Paris, d’abord à l’Institut Supérieur d’Enseignement Religieux pendant quatre ans puis à l’Institut de Pastorale Catéchétique pendant deux ans. Ces formations étaient à mi-temps. Ensuite, j’ai continué, ma formation permanente aux Lundis du Théologicum (NDLR : à l’Institut Catholique de Paris). Toutes ces formations m’ont permis :

❚ d’approfondir mon enracinement dans la foi catholique,
❚ d’entrer dans la complexité de la réflexion,
❚ mais aussi « d’asseoir » ma légitimité.

C’est mue par le désir de partager, avec une joie profonde, la découverte de cette nourriture spirituelle qui nous est gracieusement offerte, que j’ai apprécié la mission qui m’avait été confiée par le père HERRIOT. C’est aussi, habitée par la conviction que ce travail était essentiellement relationnel : l’ouverture à l’autre, aux autres, au Tout Autre.

C’est donc sous ce prisme que pendant 19 années, j’ai exercé mon travail de coordinatrice, puis à partir du 1° mai 2017, de responsable du SFCA. La coresponsabilité de tous, en vertu des charismes de chacun et la collaboration ministérielle de quelques-uns en vertu de l’appel de l’Église (LumenGiument 30) a guidé la posture des équipes qui se sont succédées au SFCA.

Appelée à être dans la rencontre, la confrontation et le dialogue, au fil des réunions de travail, nous élaborions des formations : un travail de communion au souffle de l’Esprit-Saint !

C’est dans ce réseau relationnel, extrêmement varié, riche de ses différences et de ses complémentarités qu’il m’a été donné d’évoluer. Merci à chacune des personnes que j’ai côtoyées, rencontrées. Chacun, chacune est signe des traces de Dieu dans nos vies. À cause du confinement, je n’ai pas pu dire « au revoir » à bien des gens que j’ai rencontrés. Je le regrette et j’éprouve une sorte de frustration.

Au sein du SFCA, c’est Madame Marie-Noëlle SIMONET qui prend ma suite. Elle le fera à titre bénévole, à raison de 12 h par semaine et pour une durée de deux ans. Ensuite, le SFCA espère pouvoir à nouveau bénéficier d’une personne à plein-temps.

Église de Verdun : Parfois, il vous a semblé dur de faire passer le message ?

«  Je suis à fond  » dans le Concile Vatican II. Or, j’ai le sentiment qu’il y a des aspects encore inexplorés, voire de la résistance. J’accorde aussi beaucoup d’importance à la Parole de Dieu, et le SFCA a porté le souci de développer des groupes de lecture de la Bible. Pour moi, ces groupes de réflexions sont de véritables lieux d’Églises domestiques. J’ai parfois regret-té qu’ils ne soient pas suffisamment investis. Les Écritures sont une source tellement riche pour ancrer sa foi dans l’écoute du souffle de l’Esprit-Saint.

Église de Verdun : quels bons moments retenez-vous… ?

Des « groupes-parole » m’ont donné de vrais moments d’Action de grâce. J’ai été heureuse aussi avec les «  groupes-bouquins  ». D’abord parce qu’avant de retenir un livre, il fallait en lire plusieurs. Et j’aime lire des livres de théologie. Ensuite, parce qu’il permettait de confronter sa réflexion avec d’autres personnes et les auteurs. L’accompagnement des personnes sur deux années dans le cadre de la formation « Théofor » a également était source de joie.

Ces années ont été pour moi une riche expérience. Si nous devons, comme chrétiens, rendre compte de l’espérance qui est en nous, ma conviction est qu’il faut le faire avec compétence. Témoigner dans la complexité du monde d’aujourd’hui est exigeant. Mieux vaut acquérir de solides points de repères.

D’après les notes prises par le père Robert HESSE