L’épouse, c’est nous-mêmes
Nous tous, nous avons été invités à des noces (Mt 22, 9-10) spirituelles : l’Époux, bien sûr, est le Christ Seigneur ; de là vient que nous chantons dans le psaume : Tel un époux, il paraît hors de sa tente(Ps 18, 6). Et l’épouse, c’est nous-mêmes, si cela ne vous paraît pas incroyable : oui, tous ensemble, nous formons une unique épouse, et en même temps les âmes de chacun sont comme autant d’épouses distinctes.
Mais quand donc notre faiblesse pourra-t-elle penser de son Dieu qu’il nous aime de cet amour dont une épouse est aimée par son époux ? Cette épouse-ci en effet est tellement inférieure à son Époux, inférieure par la naissance, inférieure par la beauté, inférieure par la dignité ! Et pourtant voici que pour cette Éthiopienne (cf. Nb 12, 1), le Fils du Roi éternel est venu de si loin, et en vue d’en faire son épouse, il n’a pas même hésité à mourir pour elle. Et celle qu’il a aimée alors qu’elle était encore sombre et sale, il se la présentera comme l’Église toute glorieuse, sans tache ni ride (cf. Ep 5, 27).
St Bernard de Clairvaux
Les Sermons sur le Cantique de saint Bernard († 1153), moine de Cîteaux, représentent un sommet de la spiritualité médiévale. / Sermon II pour le dimanche après l’octave de l’Épiphanie, §2, trad. M.-I. Huille, Paris, Cerf, 2004, Sources Chrétiennes 481, p. 219.