Meditation de l’abbé Manu pour le 4eme dimanche de Pâques

Bonjour à tous,

Pour ce 4ème Dimanche  de temps pascal, c’est l’abbé Manu qui nous propose un texte de méditation sur l’Evangile du jour. (Jean 10, 1-10)

Durant l’Eucharistie de ce 3 mai, nous porterons dans notre prière Salah Senouci (messe de quarantaine), Jean Loddo et les défunts des familles Loddo, Pancher, Nivelet, Bastien et Gilles, René et Fernande Corvisy et les défunts de la famille, Adrienne Barsacq (anniversaire) et les défunts des familles Barsacq – Ruotte. Nous partagerons aussi l’action de grâce d’une paroissienne.

Bon dimanche à vous et vos familles.

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L’image mise en évidence ce dimanche est le Christ Pasteur pour ses brebis. Tout du moins, c’est l’impression que nous en avons. En fait, pour être plus précis, Jésus se compare très curieusement à une porte. C’est très étrange. Nous avons l’habitude de l’entendre parler en terme de « fils de l’homme » ou en se comparant à une personne. Mais là, dans l’Evangile du jour, il s’agit d’une porte… Mais qu’y a-t-il derrière cette image ?

Une porte, elle peut-être ouverte ou fermée. Elle laisse entrer et sortir. Elle exprime l’accueil « ma porte est toujours ouverte » ou le refus « je lui ai claqué la porte au nez ! ». Dans l’Ancien Testament, la porte exprime beaucoup de choses. C’est le lieu des réunions, c’est là que se concentre toute la vie de la cité. C’est à la porte de la cité qu’ont lieu les échanges commerciaux, les manœuvres politiques comme en 2 Samuel 15, 1-6, les départs en guerre. En Isaïe 28, 6 la porte est qualifiée de Justice et de sécurité. Dans l’Ancien Testament, la porte résume en quelque sorte toute la cité. S’emparer de la porte, c’est s’emparer de la ville et en être maître. Par comparaison, on parle des portes du Shéol ou de la mort pour désigner le séjour mystérieux ou tout homme est conduit (Psaume 107, 18) et dont Dieu seul connaît l’entrée. Mais la porte est aussi la puissance que seul Dieu est capable de vaincre (Sagesse 16, 13).

Dans la Bible, la toute première porte que nous voyons est celle du jardin d’Eden. Mais depuis le péché originel, cette porte est fermée et gardée par des anges. Et toutes les portes que nous voyons dans l’histoire biblique s’enracine dans cette unique porte, fermée, mais peut-être pas pour toujours. Et c’est certainement là le sens profond de l’image de la porte dans notre Evangile : si celle de l’Eden sont fermées, le Christ demeure alors cette porte où s’ouvre sur nous le paradis, où nous pouvons nous réunir et vivre dans la paix et la justice.

Mais, avant que cela arrive, c’est certainement nos portes qu’il faut savoir ouvrir. Evidemment, en période de confinement, c’est très difficile. Mais nous pouvons nous poser cette question : est-ce que les portes de chez moi, les portes de mon cœur, sont ouvertes ou fermées aux autres ? et pourquoi ?

Ouvrir ses portes n’est certainement pas la chose la plus facile. C’est une audace qu’il faut prendre une fois pour voir à quel point cela peut être libérateur. Avoir l’audace de proposer des choses pour la vie paroissiale, l’audace de répondre à quelques sollicitations, l’audace d’ouvrir ses portes à la pauvreté. Mais nous n’y arrivons qu’à une seule condition : que nous-mêmes, nous acceptions de passer par la porte qu’est le Christ.

C’est cette audace qu’on eut les disciples du Christ. A partir du moment où ils ont accepté la résurrection, la vie prenait un autre sens et un autre tournant. Et c’est ce que nous lisons dans les actes des apôtres. Le Christ ouvre grand ses portes afin que nous puissions avoir la vie éternelle. Et nous ? Aurons-nous l’audace d’ouvrir les nôtres afin de donner un peu plus de vie et d’humanité ?