«Le vent souffle où il veut… » (Jean 3/7)

L’équipe d’animation pastorale s’est réunie le lundi 25 mai en respectant toutes les mesures sanitaires imposées pour envisager la reprise des célébrations dans les églises, selon les normes définies par le gouvernement. Pour notre paroisse, nous avons envisagé la reprise des messes après le deux juin, date prévue initialement par le gouvernement. Nous aurions aimé célébrer la Pentecôte dans d’autres circonstances mais la situation nous oblige à repenser encore une fois le sens profond de cette fête. La pentecôte tire son origine dans une fête de la tradition juive. Une double fête, celle des prémices et celle du don de la loi. Dans le pays de la bible, les moissons commencent de bonne heure, et fin mai on peut déjà offrir à Dieu les premières gerbes de blé ou d’orge pour le remercier de nourrir son peuple. Ce remerciement révèle la foi en un Dieu qui met la terre à la disposition des hommes pour leur nourriture. N’est-ce pas ce que l’encyclique du pape François « laudato sii veut remettre en valeur ? Nous allons fêter le cinquième anniversaire de ce texte qui nous invite à transformer notre relation à la terre, non plus comprise comme une mine à piller sans mesure mais comme un jardin à protéger et à entretenir pour le bien de tous les peuples. Le deuxième volet de la fête juive, c’est le don de la loi à Moïse pour sceller l’alliance entre Dieu et son peuple. Le livre des Actes des Apôtres raconte Evènement : Les apôtres, les disciples, des femmes dont Marie la mère de Jésus se sont réunis dans la chambre haute d’une maison à Jérusalem dans la prière et l’attente de la promesse de Jésus : « vous allez recevoir une force venue d’en haut, celle du Saint-Esprit ». Ce don de l’Esprit Saint est décrit avec les symboles bibliques : un bruit comme un violent coup de vent, les langues de feu, un langage selon l’Esprit. Le vent c’est le souffle divin, cette haleine de vie que Dieu le créateur insuffle sur la statuette d’argile qu’il a pétrie pour créer l’homme. C’est ce même souffle que Jésus répand dans son dernier soupir en donnant sa vie sur la croix. C’est le souffle du ressuscité sur les apôtres, le premier jour de la semaine où il se manifeste à eux. C’est le souffle de la nouvelle naissance qui fait naître d’en haut pour entrer dans le royaume de Dieu. Le feu : c’est celui du buisson ardent de Moïse qui brûle dans le désert sans se consumer ; l’énergie divine, l’amour divin qui ne s’épuise jamais dans le cœur de l’homme qui sait l’accueillir, comme les deux disciples d’Emmaüs qui constatent que leurs cœurs étaient tout brûlants quand Jésus leur expliquait les Écritures. C’est le feu de l’Amour de Dieu manifesté en Jésus et donné aux hommes par le don de l’Esprit Saint, avec la loi de nous aimer les uns les autres. Le langage nouveau : « tous nous les entendons annoncer dans nos langues les merveilles de Dieu ». L’évangile rejoint chaque personne dans la singularité de sa vie. Chacun peut accueillir l’Esprit-Saint quelque soit sa situation, son origine, sa culture, sa langue…Comme le décrit la belle image employée par les Pères de l’Eglise : l’eau du ciel fait pousser des millions de végétaux selon leurs espèces, tous différents mais alimentés par la même eau. La langue de l’Esprit, c’est l’amour, le service, la communion fraternelle entre tous les hommes dans la richesse de leurs différences. C’est tout le contraire du projet orgueilleux des hommes qui veulent construire la tour de Babel pour rivaliser avec Dieu dans l’uniformité d’un langage commun et un retour à l’esclavage d’Egypte dans la fabrication des briques. Nous pouvons regretter de ne pas pouvoir célébrer ensemble cette fête, mais n’oublions pas que l’Esprit-Saint n’est pas lié par nos rites ni nos calendriers. Il souffle où il veut. Il n’est limité que par les dispositions de nos cœurs à l’accueillir pour une vie nouvelle de témoignage, de service des hommes dans le respect de la création. On parle déjà beaucoup du monde d’après le corona, de l’Eglise d’après le corona ! Soyons disponibles à l’Esprit-Saint qui fait toutes choses nouvelles, qui renouvelle la face de la terre pour construire ce monde nouveau.