Des vertus nécessaires : compassion, patience, prudence…

 

Dans l’histoire mouvementée du tableau de ND des Vertus, nous ajouterons l’épisode de l’épidémie du corona-virus de 2020 qui interdit les célébrations communautaires. Mais l’Eglise de Ligny restera ouverte à la visite individuelle des fidèles. Le tableau de Notre-Dame sera exposé dans le chœur à partir du vendredi 15 mai jusqu’au lundi 18 mai au soir. Vous pourrez donc venir prier au moment qui vous convient en veillant à respecter les mesures sanitaires habituelles. Quel message ND des vertus peut-elle nous livrer cette année peu ordinaire ? Je partirai du texte de l’Evangile de Jean qui mentionne la présence de Marie la mère de Jésus debout au pied de la croix de son fils agonisant sur le gibet. « Près de la croix de Jésus se tenaient debout sa mère, la sœur de sa mère, Marie femme de Clopas et Marie de Magdala. Voyant ainsi sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : « femme, voici ton fils. » Il dit ensuite au disciple : « voici ta mère. » Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Marie a accompagné son fils tout au long de sa passion. Elle a été témoin des souffrances infligées par les bourreaux et endurées par Jésus. Elle est là maintenant debout devant ce corps couvert de plaies. On imagine sa souffrance de mère. Mais elle est debout. Une attitude qui révèle son courage, sa foi aussi et son espérance. Elle sait que le chemin de service et d’amour emprunté par son fils tout au long de sa vie ne conduit pas à un échec mais à la lumière, à la glorification dit St Jean. Dieu ne peut abandonner son fils dans la mort. Jésus lui confie encore une mission : étendre son rôle de mère au disciple : « femme, voici ton fils » et au-delà du disciple bien-aimé à tous les hommes. Les grands sanctuaires mariaux comme les plus petits attirent de fait, des foules de pèlerins auprès de Marie. Ici, à Ligny, depuis plus de 500 ans, les populations viennent devant ce tableau apporter leurs prières, leurs demandes, leurs mercis. Puissent-elles écouter aussi ce que leur mère dans la foi peut leur dire aujourd’hui. L’épidémie a révélé les multiples plaies et les souffrances de l’humanité. Ce sont celles du corps du Christ présent dans notre chair depuis son incarnation, sa venue au milieu des hommes. Marie nous invite à remplir notre regard de compassion envers ce corps souffrant de la maladie mais surtout des indifférences, des injustices, des mensonges, des violences qui atteignent les innocents Elle nous demande de mettre toutes nos forces à aider Dieu notre Père à soigner les plaies du corps de son fils présent dans notre humanité. Elle nous rappelle en tant que mère, que nous sommes tous frères les uns des autres et de Jésus son fils et elle nous encourage à faire « tout ce que Jésus nous dira » pour trouver la paix et la joie profondes. Cette année, en l’absence de célébrations festives, nous pourrons nous recueillir dans le silence de l’Eglise pour recevoir toutes ces vertus si nécessaires en ce temps de crise : la compassion, la patience, la prudence, le courage, la foi, l’espérance et la charité.  Dans ce temps qui précède la Pentecôte, Marie nous accompagne dans notre prière pour nous rendre disponibles à l’Esprit-Saint qui fait toutes choses nouvelles. A n’en pas douter l’Eglise se trouvera renouvelée après ce temps de jachère. Des initiatives nouvelles sont nées dans le peuple des baptisés, elles ne demandent qu’à se poursuivre et à s’affermir.

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