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ECLAT D’EVANGILE – 22e dimanche ordinaire

Mt 16, 21-27

Qui perd gagne.

Ce passage d’Evangile suit immédiatement la profession de foi de Pierre et marque un tournant dans l’enseignement de Jésus qui « à partir de ce moment-là » annonce sa passion pour la première fois.

Le même Pierre qui avait affiché sa foi en Jésus le messie , fils du Dieu vivant, se met en travers du chemin de Jésus pour l’empêcher de monter à Jérusalem pour y souffrir et mourir.

Il montre ainsi qu’il reste attaché à la croyance générale d’un messie, chef politique, auréolé d’honneur, de gloire et de pouvoir. Jésus rejette totalement cette perspective.

Il s’est approprié le titre de fils de l’homme en référence à ce personnage du prophète Daniel, qui, persécuté par les nations qui dévorent la terre comme des bêtes féroces, reçoit de Dieu la royauté universelle.

Jésus ne répondra pas aux autorités religieuses qui ont décidé sa mort par la violence mais

par le don de sa vie par amour.

Il reste fidèle à l’image de Dieu, qui tout au long de l’histoire de son peuple s’est révélé comme

le Dieu fidèle plein de tendresse et de miséricorde pour tous.

En Jésus, Dieu reconnaît sa manière de régner sur la terre et d’établir son règne de justice et de paix.

En faisant barrage à Jésus, Pierre devient l’allié de Satan l’adversaire qui cherche à le faire dévier de son projet. Il s’écarte ainsi des pensées de Dieu qui ne sont pas celles des hommes.

L’opposition de Pierre, permet à Jésus de préciser la voie pour celles et ceux qui voudraient devenir ses disciples et le suivre :

« renoncer à soi-même, prendre sa croix et le suivre ».

Renoncer à soi-même, ce n’est pas vivre au rabais, mais c’est renoncer

  • au gôut de pouvoir,
  • à la volonté de se faire centre,
  • de dominer les autres et le monde
    • en les utilisant à son profit au lieu de les servir et dentrer dans les vues de Dieu.

Prendre sa croix, c’est

aimer sa condition d’homme avec les souffrances, les épreuves du quotidien de toute existence dans la confiance au Dieu dont l’amour est de tous les instants, sans vouloir lui imposer nos volontés.

Sauver sa vie c’est consentir à perdre les images de soi, faites de puissance, de notoriété, d’honneur, de richesses matérielles ou culturelles pour devenir soi-même dans la vérité de son humanité.

L’Eglise d’aujourd’hui ne rêve-t-elle pas comme Pierre autrefois, et chacun d’entre nous, de puissance et d’honneur au lieu de servir dans l’humilité et la charité la famille humaine en souffrance ?

Le pape Léon, successeur de Pierre, vient en France en septembre. Sa mission consiste à soutenir et raviver la foi des fidèles par ses messages pour que l’évangile du Christ éclaire leur vie et celle du monde.

Sa venue suscite un engouement de milliers de personnes qui se précipitent pour obtenir des places là où il interviendra. Puisse l’attraction que sa présence occasionne soit le reflet de l’écoute attentive de ses messages qui invitent à un véritable changement de mentalité et de comportement dans la société actuelle soumise souvent aux pouvoirs de l’argent, de la domination militaire, économique, culturelle au mépris de la dignité de tout être humain en particulier des plus démunis, des plus fragiles, des immigrés, des souffrants en qui le Christ s’identifie.

Devant les catastrophes récentes dues au réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine des pays industrialisés, il ne manquera pas de rappeler ce que le pape François ne cessait de marteler : « la terre est la maison commune d’une même famille fraternelle qu’il nous faut garder et protéger pour le bien de tous dans le droit et la justice ».

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