ECLAT D’EVANGILE – 15e dimanche ordinaire
Mt.13/1-23 / « Le temps des semailles »
Jésus utilise la parabole du semeur pour faire réfléchir ses auditeurs sur l’impact de sa parole dans leur vie. Ses disciples ont commencé à croire en lui ; ce n’est pas le cas des scribes et pharisiens qui s’obstinent dans le refus de le reconnaître comme messie.
Ils sont fermés à la parole de Jésus alors que les habitants de Ninive, des païens ennemis, se sont ouverts autrefoisà la prédication de Jonas et se convertis. Quand un inconnu signale à Jésus que sa mère et ses
frères sont là à sa recherche, Il ne restreint pas sa famille à ses membres liés par le sang mais l’élargit à toutes celles et ceux qui font la volonté de son Père.
Cette déclaration de Jésus introduit bien la parabole du semeur. Une parabole, n’est pas seulement une petite histoire tirée de la vie courante des hommes et des femmes de l’époque pour illustrer un
enseignement, elle est une sorte de fable, une création littéraire de sagesse qui invitel’auditeur à réfléchir, à se positionner devant les attitudes ou les personnages du récit.
Matthieu situe le discours en paraboles sur la rive de la mer de Galilée près de Capharnaüm. Il « sort » de la maison, comme le semeur sort pour semer. La maison est certainement celle de Simon le pêcheur, un des premiers appelés qui lui a offert l’hospitalité. Cette maison est non seulement le pied-à- terre de Jésus, mais elle évoque aussi l’Eglise appelée à sortir pour annoncer la Parole au nom de Jésus.
Pour se faire mieux entendre de la foule massée sur le rivage, Jésus emprunte une barque d’où il pourra parler en lui faisant face. La barque n’est- elle pas encore une allusion à l’image traditionnelle de l’Eglise ? Jésus s’identifie au semeur sorti pour semer.
La parabole décrit la réalité géographique des collines de Judée-Samarie, cultivées en terrasses soutenues par des murettes de pierres sèches. Le semeur jette à la volée les graines en abondance qui tombent sur des endroits stériles, le chemin, les pierres, les ronces, mais aussi sur la bonne terre qui produira une récolte plus ou moins généreuse. Par la question des disciples sur le pourquoi des paraboles, Jésus va révéler sa pédagogie par une citation du prophète Isaïe :
« Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas, Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le coeur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouchés les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur coeur ne comprenne, qu’ils se convertissent, et moi je les guérirai ».
Les disciples se sont ouverts à la parole, il leur sera donné de progresser.
Mais à force de s’obstiner dans le rejet et le refus, le cœur des opposants à Jésus s’endurcit et leur conversion devient impossible sans la guérison divine. Jésus donne lui-même une explication allégorique
de sa parabole.
Résumons en quelques mots. Il met en garde ses auditeurs sur les obstacles qui se lèveront pour empêcher la Parole de germer : l’indifférence, la facilité, le manque de persévérance, les persécutions, les soucis de la vie, l’attrait de la l’attrait de la richesse… Il invite à devenir une bonne terre féconde capable de porter du fruit.