ECLAT D’EVANGILE 13e dimanche des Temps ordinaires
Publié le 27 juin 2026
Vivre du Christ (Mt. 10/37-42)
Depuis plusieurs dimanches, les évangiles proclamés lors de la liturgie, sont extraits d’un ensemble dont le point de départ est un regard de compassion de Jésus devant les foules qui l’entourent.
Jésus éprouve une profonde émotion devant leur désarroi, leur abattement ; elles sont comme des brebis sans berger, abandonnées par leurs responsables religieux et politiques qui auraient dû les guider vers un chemin de vie.
Pour répondre à cette attente, Jésus constitue un groupe de douze disciples qu’il nomme apôtres pour les envoyer à sa suite annoncer le royaume des cieux. Il leur fait des recommandations et les encourage à ne pas craindre.
- Ils n’ont pas besoin d’argent, ni d’emporter de bagages inutiles.
- Ils peuvent compter sur l’hospitalité qui leur sera offerte.
- Il les avertit aussi des risques et des difficultés de la mission.
- Mais ils auront toujours le soutien de l’Esprit du Père qui sera à leurs côtés pour défendre leurs causes dans les procès devant les tribunaux où leur témoignage les conduira.
Le message de Jésus oblige à choisir. Matthieu écrit son évangile dans un contexte de divisions, de persécutions. Les adeptes de Jésus sont considérés comme des faux frères, des dissidents par la communauté juive. La rupture est imminente entre le judaïsme officiel et la première communauté chrétienne. La fracture s’opère aussi dans les familles.
La parole de Jésus comme celle des disciples agit comme un glaive à double tranchant selon l’expression du prophète. Les membres d’une même famille font se prononcer pour ou contre et mettre en péril la paix apparente. La relation au Christ dans la foi change et transforme les membres d’une même famille.
Mais quand une personne est saisie par le Christ, comme le dit St Paul tout passe au second plan, même les attaches affectives familiales normales. La cohésion et l’unité familiales ne tiennent pas seulement à partir des liens du sang mais de l’écoute et la mise en pratique de la Parole de Dieu.
Les croyants au Christ forment alors une nouvelle famille de frères et de sœurs. La relation au Christ libère chaque membre de ses sentiments et relations interpersonnelles qui peuvent être fusionnelles, possessives, préférentielles, jalouses, autoritaires, violentes ou incestueuses même quelquefois. La foi au Christ engage le disciple sur le chemin que Jésus a pris lui-même, celui du don de sa vie par amour.
Il n’y a pas de bonheur sans vie donnée par amour.
N’est-ce pas cela perdre sa vie pour la gagner ? Le messager, l’envoyé, est invité à avoir la même relation que Jésus entretient avec son Père. Sa Parole est celle de celui qui l’envoie. Il est accueilli non seulement pour lui-même mais pour celui qu’il représente.
Accueillir l’envoyé, c’est accueillir le Christ et le Père qui l’envoie.
C’est faire de sa vie la demeure du Dieu trinité.