EN ACTES ET EN PAROLES

En actes et en paroles

Le dimanche de  PENTECOTE, les chrétiens se souviennent de la venue de l’Esprit-Saint sur les apôtres. De craintifs qu’ils étaient, d’introvertis, ils sortent et se mettent à proclamer leur foi en Jésus : « Celui que vous avez crucifié, il est ressuscité ! ». Depuis quelque temps, ils vivaient cachés. Ils sortent et parlent dans l’espace public.

Dans l’ombre ou dans la lumière ?  « Quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonnez de la trompette devant toi (Mt 6/12) (c’est-à-dire : il n’est pas nécessaire que ça se sache)  et à l’opposé « Que votre lumière brille devant les hommes » (Mt 5/16). Ces deux phrases  illustrent deux attitudes : une foi vécue dans le service mais avec grande discrétion et une foi vécue publiquement mais certainement aussi dans une volonté de service. Les deux attitudes ne s’excluent pas et l’on peut passer de l’une à l’autre. Dans les dernières décennies, majoritairement les chrétiens ont glissé plutôt vers la discrétion. Beaucoup, animés de générosité (d’un vrai sens de la charité) sont à l’origine ou membres très actifs de mouvements et d’associations humanitaires ou tout simplement sont des personnes qui rendent service à leur prochain. Sur ce coté, discrétion, « enfouissement dans la masse », on peut mettre la volonté de prêtres de vivre sans signes distinctifs. De l’autre coté, celui de  la « lumière », naissent  des courants qui affichent plus nettement l’identité chrétienne : aujourd’hui dans les grandes villes, des groupes catholiques font de l’évangélisation de rue, des associations catholiques s’affichent parfois en tant que telles contre le mariage entre personnes du même sexe, contre l’expulsion de migrants… et les  prêtres, ordonnés ces dernières années, portent volontiers col romain, voire soutane.

Dans l’ombre et la lumière. L’un et l’autre! La juste posture n’est-elle pas de tenir les deux : parfois l’ombre et parfois la lumière ? A sa communauté chrétienne, l’apôtre Pierre disait « Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous ». (1 Pierre 3/15)

Dans leurs expressions (page 2), les jeunes disent ouvertement des paroles de foi en Dieu, en Jésus-Christ et ce que ça veut dire en actes, souvent sans afficher la couleur.

Au-delà du coté séducteur du personnage, n’est-ce pas ce que semble demander Emmanuel MACRON aux catholiques de France dans son discours du 9 avril devant les évêques  : «  faire exister dans le réel (dans le champ laïc de la politique, dit-il ailleurs) les principes fondamentaux qui structurent la vie morale, intellectuelle et, dans le cas des croyants, spirituelle » ?

Une certaine conception de la laïcité  veut cantonner les religions à rester dans l’ombre. Je me réjouis que notre président  apprécie, et même demande aux catholiques de se mettre en lumière, au service du bien commun.