REGARD

Coté civil     

Des catégories socioprofessionnelles expriment la dureté de leur quotidien ou leurs inquiétudes face à l’avenir. On peut penser aux agriculteurs qui, de nos jours, se sentent souvent mis au banc des accusés. Les retraités et futurs retraités (donc tous en fait) se demandent de quoi sera faite leur retraite. En France, des professions commencent à manifester (plus fort) leur mécontentement, en particulier ces jours-ci, les employés des maisons de retraite et  le personnel des organismes d’aide à domicile. Difficile de ne pas trouver justes leurs revendications. Leur travail est souvent relativement pénible, voire ingrat, et l’amplitude horaire très large. Auprès de telle ou telle personne, il faut intervenir tôt le matin et parfois assez tard le soir. Le temps de travail est haché. Evidemment, les malades, les personnes âgées ont besoin d’être bien servis, bien soignés mais ceux et celles qui sont salariés de ces services n’auraient-ils pas besoin de plus de reconnaissance (y compris financière) de la part de toute la société ? Je sais que ça passe par des participations financières de la part des familles et de la part de la collectivité…Mais c’est ça la solidarité… et l’estime des services rendus…

Coté paroissial et religieux, deux points positifs:

¨ Septembre a été le mois de la rentrée scolaire mais aussi celle des catéchismes. La rentrée 2018 avait vu une grande chute des effectifs. Cette année, c’est plutôt en remontée et nous avons la chance d’avoir, sur le secteur de Varennes, plusieurs jeunes catéchistes. L’une d’elle donne son témoignage en page deux. La rentrée des catéchismes n’est jamais définitive. D’abord, il est toujours possible de s’inscrire dans un groupe (tél : 03 29 86 80 36 ou 03 29 86 80 71 65). De plus, pour les enfants nés en 2012, la rentrée ne se fera qu’après la TOUSSAINT.  Pour , ceux-là, (l’année CE1), la catéchèse se fait sous forme de catéchèse familiale.

¨ Dans nos villages, l’automne est le temps de beaucoup de fêtes patronales.  Au printemps, j’avais envoyé un courrier aux maires de nos différents villages en les invitant, si ça ne se faisait pas déjà, à marquer la fête patronale d’un moment de convivialité civile : un apéro pour tous les habitants, un repas dansant, une fête foraine… Vu de ma fenêtre, je trouve que l’appel a été plutôt bien reçu. Dans les villages où la fête patronale a déjà eu lieu, j’ai senti un plus et du coté de la fréquentation de ,la messe  de fête patronale et du coté manifestations civiles. Honorer le maximum de fêtes patronales sera de plus en plus difficile mais cela encourage les responsables paroissiaux à s’organiser pour.

 

Changement de responsabilités

Pour notre paroisse, la rentrée 2019 est marquée par quelques changements de responsabilités paroissiales pour l’un ou l’autre.

Madame Françoise MAURER a atteint l’âge de la retraite. Elle était assistante paroissiale, salariée à mi-temps par le diocèse depuis 2001. Ses tâches au service de notre paroisse étaient principalement : des temps de permanence au presbytère de Dombasle, la coordination de la catéchèse des enfants d’âge primaire et surtout l’animation de l’année de catéchèse familiale, la participation au comité de rédaction de la Sève et le suivi de sa distribution, l’organisation des obsèques sur le secteur de Blercourt et sur toute la paroisse quand j’étais absent, la préparation des messes du dimanche sur les communautés de Blercourt et Dombasle. Depuis deux ans, Françoise consacrait aussi du temps pour les visites aux personnes âgées et malades et pour porter la communion à domicile. A ce titre, elle fait parti de l’équipe diocésaine du Service Evangélique des Malades. Enfin, au mois d’octobre dernier, lors de sa visite pastorale, notre évêque a installée l’Equipe d’Animation Pastorale dont Françoise est membre, ainsi que Chantal Jeannesson (Neuvilly) et Claude Laget (Cheppy).

Pour plusieurs raisons, je n’ai pas demandé à l’évêché de pérenniser le poste d’assistante paroissiale. Quand Françoise a été « embauchée », il y avait 150 enfants inscrits en catéchèse primaire. Aujourd’hui une petite quarantaine ! A l’époque, j’avais beaucoup de responsabilités en dehors de la paroisse, aujourd’hui beaucoup moins. Et Françoise souhaite, et je l’en remercie,  continuer à assumer une partie de ses missions à titre bénévole.

Françoise reste membre de l’Equipe d’Animation Pastorale au coté de Claude et Chantal. Elle garde ses  implications  dans le bulletin paroissial « La sève ». Elle conserve ses engagements dans la communauté de Blercourt/Dombasle (programme des chants…obsèques…) Elle viendra assurer quatre heure de permanence au presbytère de Dombasle, tous les mercredi après-midi. Elle continue son engagement dans le Service Evangélique des Malades (visites et communions à domicile).     .

Madame Chantal JEANNESSON (Neuvilly) a assumé depuis bien des années, à titre bénévole, non seulement la catéchèse d’une ou deux équipes d’enfants mais aussi l’organisation  et la coordination de la catéchèse sur tout le secteur de Clermont. Elle estime que le temps est venu pour elle de passer la main et de laisser d’autres, plus jeunes si possible, s’engager au service des enfants et de la transmission de la foi. Chantal reste membre de l’EAP et conserve ses engagements au service de la liturgie. Pour la rentrée 2019, c’est moi qui assurerait la catéchèse des enfants en primaire sur le secteur de Clermont et des Islettes.

Au nom de toute la paroisse, surtout des enfants et des familles, je remercie Françoise et Chantal pour leur dévouement au service de l’Eglise et à travers elle au service du bien humain et spirituel de tous…, des enfants surtout…des personnes en santé fragile , voire en deuil. Je les remercie pour ce qu’elles continuent d’assumer.

Et si on recevait leur départ (partiel) comme un appel…

Deux chantiers diocésains

Depuis un an, notre diocèse s’est engagé dans deux sujets de réflexion.

¨ Le premier est  autour du mot appel. D’une part tout être humain est appelé à une vie toujours plus belle, plus sainte disent les chrétiens, une vie d’ouverture aux autres, de service, d’engagement… D’autre part, nous avons à être appelant pour les autres : « oser appeler. » C’est le mot d’ordre du tract d’invitation aux journées du pèlerinage à Benoîte-vaux.

¨ Le deuxième sujet est autour de l’avenir de notre diocèse. En tenant compte de la réalité de nos effectifs, quel diocèse voulons-nous être en 2024… c’est-à-dire d’ici 5 ans ? Et plus concrètement, la paroisse Saint-Baldéric d’ici 5 ans ? Coté prêtres, s’il y a actuellement environ 25 prêtres en pleine activité dans le diocèse, il n’en restera plus qu’une quinzaine en 2025. Je n’en serai plus. Même si dieu me prête vie, j’aurai atteint l’âge de ne plus être curé mais « prêtre qui peut rendre un service ici ou là ». Mais, n’en faisons pas qu’une question  de  prêtre : en 2024 (et après), posons-nous la question : qui pour offrir de la catéchèse aux enfants et aux jeunes, pour porter la communion aux malades, accompagner les familles en deuil, pour assurer les chants et la musique d’une messe, d’une cérémonie de mariage, d’obsèques…

La semaine Sainte (Parution du 16 juin 2019)

La Pentecôte, c’est 50 jours après Pâques. Ce numéro de la sève vous parvient aux environs de la Pentecôte. Pourtant, j’ai envie de reparler de la Semaine Sainte et donc de vous inviter à un retour en arrière de quelques 7 ou 8 semaines. D’abord, je fais un constat plutôt positif : Mis à part une ou l’autre cérémonie, les offices de la Semaine Sainte réunissent sensiblement autant de monde d’une année à l’autre. Quand on sait que la population vieillit, voire disparait, notamment celle des pratiquants réguliers, cela veut dire que de nouvelles personnes pratiquent ces jours-là. Les Rameaux ont réuni une belle assemblée  notamment à Varennes. Mais, de la Semaine Sainte, je veux surtout reparler de trois types de cérémonies

Les célébrations pénitentielles. Elles ont été suivies par près de 300 personnes, de notre paroisse Saint-Baldéric mais aussi des paroisses voisines. Vous savez que l’absolution collective fait  débat au sein de l’Eglise. Des prêtres refusent systématiquement de la proposer, ne voulant pratiquer que des absolutions individuelles. Je ne suis pas contre l’absolution individuelle que je pratique parfois, mais je constate que la grande majorité des chrétiens est contre. A cause de l’aveu à un prêtre, beaucoup s’y refusent et soit ne vivent plus le sacrement du pardon, soit vont là où se pratique l’absolution collective. Pour ma part, je trouve – et peut-être encore plus cette année que d’autres – que la qualité de l’attention, de l’écoute, des silences, traduit une réelle implication de chacune et chacun. Je ne doute donc pas du bien spirituel qu’offrent ces célébrations du sacrement du pardon.

Les messes du jeudi-Saint : A Clermont, Véry et Dombasle. Certes, on a perdu un peu en intensité depuis qu’on ne peut plus célébrer en semaine dans la chapelle de Varennes (mais à Very). Pourtant ces trois messes ont réuni plus de monde que les trois messes d’un dimanche « ordinaire ». Et puis, pour les enfants de la première communion, c’est une réelle initiation à la messe et au sens de l’Eucharistie : pourquoi célèbre-ton la messe avec du pain « tout plat », pourquoi le prêtre montre-t-il l’hostie en disant « voici l’Agneau de Dieu », et l’Evangile du lavement des pieds montre le lien entre messe et charité.

La marche de Pâques et la Veillée Pascale : C’est une « spécialité Argonnaise » ! Elle nous vient de l’abbé Michel SIMONIN. D’autres paroisses -et on s’en réjouit-essaient de lancer cela. Cette année, nous étions un peu moins, (une soixantaine alors que nous avons parfois dépassé les 80). Mais j’ai trouvé le groupe bien homogène, réfléchissant ensemble, ados, jeunes et  adultes. Et le résultat a été un message bien cohérent, et engagé. A la pause, à Boureuilles, sur l’air de « Oui, je roule, roule, roule… » du chanteur SOPRANO, les jeunes ont mis des paroles et chanté. Vous pouvez lire ci-contre refrain et couplets. D’autres groupes se sont exprimés sur des panneaux, tant à propos de la protection de l’environnement que pour la paix. Dans la veillée pascale, cela devenait  : « Comme Dieu a vu l’esclavage de son peuple et envoyé Moïse le délivrer, il appelle aujourd’hui le méchant à abandonner sa conduite, chacun à laisser son cœur devenir meilleur, chacun à devenir levain dans la pâte ».

Sur l’air de « Oui, je roule, roule , roule… »

Donc, je pense, pense, pense, pense, pense

Tout au long de cette marche.

Les idées  fusent, les soucis m’usent

et c’est Jésus qui guide ma démarche.

Et je pense, pense, pense, pense, pense,

pendant tout le parcours

à mes amours, à mes amis

et à tous ceux qui m’aident aujourd’hui.

 

Regardez les réfugiés

qu’on laisse au milieu de la Méditerranée.

Tous en quête de nourriture,

alors qu’ici on a trop  à manger.

 

Tu balances tout dans la mer

et tu ne respectes pas la terre.

Aujourd’hui, tu gaspilles tout,

mais qu’est-ce qu’il restera de nous ?

 

Nous sommes sans cesse sollicités  par ces lumières, souvent éphémères,  parfois mensongères.

Alors éteignons nos télés, nos smartphones

et allons à la rencontre de notre prochain.

 

Quand je me dispute avec quelqu’un,

je crois toujours avoir raison

Puis, je me dis viens, prends moi la main.

L’essentiel, c’est de faire la paix.

(Les marcheurs de Pâques 2019)

 

 Fête de l’Assomption de la Vierge Marie (Parution du 4 août 2019)

Je vous espère les uns et les autres passant un bon été : temps de moisson et de récolte et/ou de repos…voire de vacances. Bienvenue aussi à ceux et à celles qui viennent passer des vacances en Argonne et qui liront ces lignes.

Une fête religieuse est au centre de l’été : la fête du 15 août, fête de l’Assomption de la vierge Marie. « Nous affirmons, nous déclarons et nous définissons comme dogme divinement révélé que l’Immaculée mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme  à la gloire céleste ». C’est par ses mots que, le 1° novembre 1950, le pape Pie XII affirmait la foi en l’Assomption de la vierge Marie.

Cette foi était déjà très répandue chez les chrétiens d’Orient –même si ceux-ci préfèrent parler de la « Dormition de la vierge Marie »  – comme chez ceux d’Occident. Il semble que la date du 15 août ait d’abord été choisie par les orientaux vers le 6ème siècle. En France, le 15 août était devenu jour de fête nationale. Durant la guerre de trente ans (1635-1648), après une série de victoires françaises, le roi Louis XIII avait décidé d’édifier un nouveau maître-autel dans la cathédrale de Paris et de faire célébrer, chaque année, la fête de l’Assomption, le 15 août, par des processions dans toutes les villes et bourgades de France.

Les messes et offices du 14/15 août 2019 sont au  dos de cette feuille.

 

A propos des abus commis dans l’Eglise (Parution du 5 mai 2019)

           L’actualité récente a révélé bien des abus sexuels au sein de l’Eglise Catholique notamment vis-à-vis d’enfants ou d’adolescents.  Des faits anciens, des faits plus récents, en de nombreux pays et commis par des prêtres ou des évêques. Bien des chrétiens, à commencer par vous peut-être, sont troublés par ces révélations. Moi-même, j’avoue que je le suis, non pas que je pensais l’Eglise toute blanche, y compris à ce sujet, mais pas contaminée à ce point.

Le dimanche 3 mars, l’Evangile lu à la messe comportait deux paraboles : celle de la paille et de la poutre et celle de l’arbre que l’on reconnait à ses fruits. Pour l’homélie du jour, je les ai méditées en pensant à ce fléau qui gangrène notre Eglise.

(Extraits) : En lien avec cette page d’Evangile, « je pense à ce que vit l’Eglise Catholique ces temps-ci, notre Eglise. Difficile pour elle de ne pas voir la poutre qui est dans son œil. Certes, il y en a qui sont tentés de dire « mais la pédophilie, ce n’est pas que dans l’Eglise ! » Oui, mais les cas s’accumulent du haut en bas de la hiérarchie, ça commence donc par faire une belle poutre !

Alors, l’Eglise va-t-elle quand même encore porter des fruits ? Son message est-il encore audible ? D’aucuns répondent sans doute non…Ce n’est pas le coup de grâce mais, au moins un rude coup porté à l’Eglise.

Personnellement, je pense que, malgré tout, l’Eglise peut continuer à porter du fruit, des fruits, de bons fruits :!

D’abord, auprès de ceux qui font la part des choses…dans le cercle des croyants, des plus convaincus. Ceux-là, parmi lesquels peut-être d’ailleurs des victimes d’actes pédophiles, se disent : ce n’est pas aux membres du clergé que l’on croit, en qui on met toute sa confiance, mais au Christ.  On a en tête cette phrase de saint Paul : « Nous portons un trésor dans des vases d’argile ». Le trésor, c’est le Christ, pas l’apôtre ou tel ou tel prêtre.

Mais, c’est vrai aussi, ceux qui sont plus loin de la foi, seulement un peu sympathisants, sont sans doute plus enclins à tourner le dos à l’Eglise. Et là, je crois que les deux petites paraboles d’aujourd’hui peuvent être utiles. Car, sans doute, l’Eglise fera-t-elle encore plus fuir, si elle n’adopte pas une vraie humilité, si elle se défend maladroitement, à plus forte raison si elle essaie de se justifier. Le pape François, me semble-t-il, va dans ce sens, avec ses limites humaines aussi.

Ces années que vit notre Eglise sont rudes pour nous les fidèles. Pourtant: « N’ayons pas peur » surtout déjà de porter les victimes dans notre cœur, dans nos préoccupations. « N’ayons pas peur » aussi, collectivement, de reconnaître les faiblesses de notre Eglise.

Être humble, savoir reconnaître la poutre dans son œil n’est pas contraire à porter du fruit…Sans doute même que c’est l’inverse.