La vie paroissiale

Le dé confinement se poursuit progressivement. La vie reprend ses habitudes…y compris peut-être quelques mauvaises habitudes…

Au mois de janvier, j’avais salué les maires qui terminaient leur mandat. Je salue ceux qui viennent d’être réélus ou les nouveaux élus. Je salue aussi leurs conseillers. Mairies et Codecom reprennent leurs activités,  avec une ardeur renouvelée et parfois des  projets nouveaux.

La vie paroissiale s’était continuée autrement de mars à mai. Elle reprend ses activités habituelles avec cependant quelques aménagements. Les deux messes du dimanche voient revenir progressivement les pratiquants réguliers. On respecte les consignes : pas trop près les uns des autres, port du masque… Déjà ont eu lieu quelques baptêmes ; le premier mariage sera le 11 juillet à La Chalade, trois sont prévus à l’automne, beaucoup ont été reportés à l’année prochaine ; les obsèques se célèbrent fort heureusement dans les églises (de préférence pas trop petites pour respecter les mesures de distanciation). Quelques réunions ont repris : réunions de l’Equipe d’Animation Paroissiale,  réunions bibliques, équipe du Rosaire et rencontres de quelques groupes de catéchisme…

Seule une cérémonie de communion, a pu avoir lieu à la date prévue : le dimanche 21 juin à Clermont : Elisa et Nathan ont reçu l’eucharistie au cours de la messe. Toutes les autres cérémonies sont reportées et à nouveau programmées :

  • Samedi 22 août à 10 h 30, 1ères communions à Varennes
  • Dimanche 30 août à 10 h30, Profession de foi à Varennes
  • Samedi 5 sept., à 10 h 30, 1ères communions à Varennes.
  • Dimanche 27 sept. à 10 h 30, Profession de foi aux Islettes
  • Dimanche 11 octobre, à 10 h 30, Confirmation à Clermont
  • Dimanche 18 oct., à 11 h, 1ères communions à Dombasle

L’abbé Jean Marie AUBRY ne reprend pas de service pour l’instant. Il se sent souvent fatigué et « Je viens d’avoir 87 ans ! ». De temps en temps, nous bénéficions des services de l’abbé Jean Marcel LAIR. Il se partage entre la paroisse Val de Marie et la nôtre. Nous ne pouvons donc pas le solliciter trop souvent.

Tous ces éléments ont au moins deux conséquences :

  1. A l’automne, il faudra peut-être que le Conseil Pastoral repense une autre distribution des messes pour que le secteur de Dombasle/Blercourt ne soit pas totalement délaissé.
  2. Dans certains villages, il sera difficile d’honorer la fête patronale par une messe du dimanche matin. Déjà, depuis quelques années, ça se fait, ici ou là,  le samedi soir à 18 h., suivi d’un verre d’amitié. Cet automne, les messes de fête patronale à 18 h se multiplieront certainement. Déjà dans cette Sève : Rampont et Blercourt

Espérons que la pandémie s’arrête vraiment et ne reprenne pas à la fin de cette année. Souhaitons-nous un bel été !

Et après… (publication du 31 mai 2020)

Plus que d’autres, la période que nous traversons nous invite à la prudence quant aux pronostics. Alors j’espère que ce que j’écris ne sera pas contredit par  de prochaines décisions. Selon les mots mêmes du premier ministre (7/5/20), nous sommes entrés progressivement en déconfinement depuis le 11 mai…De ce fait, progressivement les activités d’avant reprennent.

Mais ma pensée va d’abord à ceux et celles qui nous ont quittés sous l’effet direct du coronavirus ou d’autres maladies, de l’âge et parfois d’effets collatéraux à l’épidémie. Souvent la mort est le résultat de causes multiples. On  a  célébré plus de 25 cérémonies dans les cimetières avec les plus proches des familles. C’était insuffisant mais la prudence ne permettait pas de faire plus. On a fait au mieux pour que ce soit digne ! (voir article ci-contre).

Ma pensée va à ceux et celles qui ont été malades ou le sont encore, qui ont ou ont eu des malades dans leur famille, à ceux et celles qui sont confinés en maison de retraite ou ailleurs, aux membres de familles qui ne peuvent pas encore se rencontrer.

L’après… Ce sera malheureusement beaucoup de difficultés économiques, de faillites d’entreprises et de chômage… Par contre, beaucoup soulignent que cette période n’a pas eu que du négatif sur les modes de vie, sur l’environnement…. Alors pourquoi ne pas faire durer quelques points positifs. J’en propose quatre :

Quant à la vie familiale : Lorsque j’ai demandé à des jeunes, enfants ou ados, de dire ce que cette période avait de bon pour eux, environ 15 sur les 20 interrogés ont écrit « on est plus en famille, on mange avec les parents, on est avec les frères et sœurs… ». La vie de famille est plutôt réclamée par les jeunes. C’est bon signe…Pourquoi ne pas continuer de veiller à sa qualité ?

Quant au travail : Le travail a repris de la valeur morale. Celui de l’éboueur, de l’agriculteur…à plus forte raison celui du personnel soignant prend (reprend) d’abord le sens de service rendu. Alors si on continuait à considérer (ou à reconsidérer) le travail comme ce qui rend service et me rend service…et mérite donc considération et juste rémunération !

Quant au commerce : en ces temps, beaucoup d’entre nous ont eu  d’avantage recours au commerce de proximité : boulangerie, épicerie, petit marché, superette… Ce serait bien de nous en souvenir. Les commerces de proximité ont été une valeur en hausse. Si on continuait à les fréquenter régulièrement…

Quant à la  vie chrétienne : une activité plus réduite nous a laissés du temps pour la réflexion, voire pour la prière… Pourquoi ne pas continuer ? Moins d’activité nous a rendus plus disponibles aux autres : services, échanges, écoute… Pourquoi ne pas continuer ? A Pâques, j’avais demandé que l’on me signale par internet des faits positifs ; les témoignages (dans cette Sève) ont aussi un coté souvent positif. En ces temps, les médias eux-mêmes témoignent souvent de solidarité, d’attention délicates… Et si on continuait de voir et de rendre grâce pour ce que suscite l’Esprit d’Amour  dans les cœurs…

 

ELECTIONS MUNICIPALES (Parution du 15 mars)

Les 12 et 19 mars nous élirons nos conseillers municipaux et quelques jours après ceux-ci se réuniront pour procéder à l’élection du maire.

Si mes informations sont exactes, sur le territoire de la paroisse Saint-Baldéric-d’Argonne, une petite moitié des maires actuels ne se représentent pas, souvent parce qu’ils estiment avoir fait leur temps et souhaitent passer la main à plus jeunes ou à d’autres. Alors, tout simplement, ici, qu’ils soient de ceux qui ne sollicitent pas un nouveau mandat ou qu’ils soient de ceux qui se représentent, je voudrais, sincèrement, les remercier tous pour leur dévouement.

Les uns et les autres ont eu le souci de nos églises et parfois de nos lieux de réunion. Dans leur ensemble, les églises sont relativement bien entretenues, surtout au vue de ce qu’elles servent maintenant. En tout cas, personnellement, je n’en demande pas plus. J’apprécie en particulier qu’une municipalité, ou une association, aie l’une ou l’autre initiative pour valoriser l’église de son village, en lui trouvant, dans le respect du caractère du lieu, quelques utilités autres que cultuelle. Je pense à ce qui s’est fait autour des peintures de Donzelli, à l’organisation de concerts ou d’expositions…  J’encourage vivement ce type d’initiatives.

Mais je ne remercie pas seulement les maires et leurs conseillers en tant que curé de paroisse. En tant que simple citoyen et sans doute comme beaucoup, je suis reconnaissant du travail que font, en règle générale, nos maires (et leurs conseillers), du souci qu’ils ont de nos villages, de leur entretien, du maintien voir de l’accroissement de la population. Dans les plus gros villages ou au sein des CODECOM, on sent un réel souci de préserver, voire de  développer les services. En tout cas, ce n’est jamais de gaité de cœur qu’un maire assiste à la fermeture d’un service public. Je sais aussi que beaucoup ont le souci de l’emploi et du développement économique. Malheureusement là, c’est souvent le pot de terre contre le pot de fer…

Une certaine actualité m’invite surtout à avoir du respect vis à vis des maires : ceux qui partent, ceux qui se représentent, ceux qui vont exercer un premier mandat. J’ai l’impression que l’exercice de responsabilités publiques, celles-là comme d’autres, demande de plus en plus de courage car le risque est de plus en plus grand d’être livré en pâture aux réseaux sociaux. Vous connaissez le slogan « pour vivre heureux, vis caché » autrement dit reste tranquille chez toi,  Accepter et prendre des responsabilités, c’est nécessairement s’exposer à la critique. Alors, bravo et merci à ceux qui ont osé et qui osent encore et malgré tout se proposer pour assumer une charge publique, notamment  celle de maire.

 

 

BONNE FÊTE DE NOËL (Parution du 15/12)

Pour la très grande majorité, NOËL est la plus populaire des fêtes. C’est une fête de joie et de lumière, marquée de bien des manières, dans l’abondance ou la simplicité.

NOËL est aussi la fête de l’espérance. Une fête où chaque homme, chaque femme, quelque soit sa condition, se prend à espérer  que la paix puisse être accessible pour tous…Que le monde aille mieux. A l’approche de NOËL se déploient  de nombreuses actions de générosité, locales ou plus larges : marché de NOËL où participent de nombreuses associations humanitaires, collecte de la Banque Alimentaire, Téléthon… Et puis, il y a les initiatives personnelles et souvent discrètes : une visite à une personne seule, âgée ou malade, une invitation à partager le repas…

Pour nous chrétiens, NOËL, c’est tout cela mais, surtout, l’accueil que nous refaisons, chaque année, de la venue du Fils de Dieu dans notre condition humaine. Si NOËL est plus ou moins lié aux mots  paix, solidarité, générosité, c’est que Celui dont nous fêtons la venue à NOËL est précisément un messager de paix et de fraternité. Il est la source et c’est donc important que les chrétiens affirment cette source à la fois fièrement et avec respect.

Alors n’hésitons pas à faire une crèche dans notre maison car elle montre l’essentiel du mystère de NOËL. Si elle est faite quelques jours avant, n’y mettons l’enfant Jésus que dans la nuit du 24 au 25 décembre et l’on attendra l’Epiphanie (cette année le 5 janvier) pour mettre les trois mages.

Pour nous, chrétiens, faire une crèche à NOËL, c’est affirmer le sens profond de NOËL. Et surtout n’hésitons pas  à dire en paroles et en actes: « Moi, NOËL, c’est surtout la fête de la naissance de Jésus. Alors je vais à une messe de NOËL et je fais de NOËL un moment où j’essaie d’être plus fraternel ».

 

Dans La sève du mois de septembre (N° 263), je vous disais que notre diocèse réfléchit à ce qu’il voudrait être d’ici cinq ans. Au fond, l’enjeu de cette démarche, c’est que continue (ou non) d’être visible et vivante, comme lors du premier NOËL,  la présence du Christ-Jésus au sein de nos familles, au sein de notre petite région d’Argonne…en Meuse…

A l’initiative de l’un ou l’autre, des groupes se réunissent pour échanger leurs réflexions : qu’est ce qui me fait peur par rapport à cet avenir de l’Eglise ? Mais aussi en quoi cet avenir me provoque, me dynamise ?  Certes, il y a des  réponses pessimistes, mais d’aucuns tiennent à vouloir continuer d’affirmer leur foi chrétienne, peut-être plus que jamais, avec détermination et souci de la communiquer. Depuis septembre, la page deux de « la sève » donne des témoignages. D’autres dans les prochains numéros…

 

REGARD

Coté civil     

Des catégories socioprofessionnelles expriment la dureté de leur quotidien ou leurs inquiétudes face à l’avenir. On peut penser aux agriculteurs qui, de nos jours, se sentent souvent mis au banc des accusés. Les retraités et futurs retraités (donc tous en fait) se demandent de quoi sera faite leur retraite. En France, des professions commencent à manifester (plus fort) leur mécontentement, en particulier ces jours-ci, les employés des maisons de retraite et  le personnel des organismes d’aide à domicile. Difficile de ne pas trouver justes leurs revendications. Leur travail est souvent relativement pénible, voire ingrat, et l’amplitude horaire très large. Auprès de telle ou telle personne, il faut intervenir tôt le matin et parfois assez tard le soir. Le temps de travail est haché. Evidemment, les malades, les personnes âgées ont besoin d’être bien servis, bien soignés mais ceux et celles qui sont salariés de ces services n’auraient-ils pas besoin de plus de reconnaissance (y compris financière) de la part de toute la société ? Je sais que ça passe par des participations financières de la part des familles et de la part de la collectivité…Mais c’est ça la solidarité… et l’estime des services rendus…

Coté paroissial et religieux, deux points positifs:

¨ Septembre a été le mois de la rentrée scolaire mais aussi celle des catéchismes. La rentrée 2018 avait vu une grande chute des effectifs. Cette année, c’est plutôt en remontée et nous avons la chance d’avoir, sur le secteur de Varennes, plusieurs jeunes catéchistes. L’une d’elle donne son témoignage en page deux. La rentrée des catéchismes n’est jamais définitive. D’abord, il est toujours possible de s’inscrire dans un groupe (tél : 03 29 86 80 36 ou 03 29 86 80 71 65). De plus, pour les enfants nés en 2012, la rentrée ne se fera qu’après la TOUSSAINT.  Pour , ceux-là, (l’année CE1), la catéchèse se fait sous forme de catéchèse familiale.

¨ Dans nos villages, l’automne est le temps de beaucoup de fêtes patronales.  Au printemps, j’avais envoyé un courrier aux maires de nos différents villages en les invitant, si ça ne se faisait pas déjà, à marquer la fête patronale d’un moment de convivialité civile : un apéro pour tous les habitants, un repas dansant, une fête foraine… Vu de ma fenêtre, je trouve que l’appel a été plutôt bien reçu. Dans les villages où la fête patronale a déjà eu lieu, j’ai senti un plus et du coté de la fréquentation de ,la messe  de fête patronale et du coté manifestations civiles. Honorer le maximum de fêtes patronales sera de plus en plus difficile mais cela encourage les responsables paroissiaux à s’organiser pour.

 

Changement de responsabilités

Pour notre paroisse, la rentrée 2019 est marquée par quelques changements de responsabilités paroissiales pour l’un ou l’autre.

Madame Françoise MAURER a atteint l’âge de la retraite. Elle était assistante paroissiale, salariée à mi-temps par le diocèse depuis 2001. Ses tâches au service de notre paroisse étaient principalement : des temps de permanence au presbytère de Dombasle, la coordination de la catéchèse des enfants d’âge primaire et surtout l’animation de l’année de catéchèse familiale, la participation au comité de rédaction de la Sève et le suivi de sa distribution, l’organisation des obsèques sur le secteur de Blercourt et sur toute la paroisse quand j’étais absent, la préparation des messes du dimanche sur les communautés de Blercourt et Dombasle. Depuis deux ans, Françoise consacrait aussi du temps pour les visites aux personnes âgées et malades et pour porter la communion à domicile. A ce titre, elle fait parti de l’équipe diocésaine du Service Evangélique des Malades. Enfin, au mois d’octobre dernier, lors de sa visite pastorale, notre évêque a installée l’Equipe d’Animation Pastorale dont Françoise est membre, ainsi que Chantal Jeannesson (Neuvilly) et Claude Laget (Cheppy).

Pour plusieurs raisons, je n’ai pas demandé à l’évêché de pérenniser le poste d’assistante paroissiale. Quand Françoise a été « embauchée », il y avait 150 enfants inscrits en catéchèse primaire. Aujourd’hui une petite quarantaine ! A l’époque, j’avais beaucoup de responsabilités en dehors de la paroisse, aujourd’hui beaucoup moins. Et Françoise souhaite, et je l’en remercie,  continuer à assumer une partie de ses missions à titre bénévole.

Françoise reste membre de l’Equipe d’Animation Pastorale au coté de Claude et Chantal. Elle garde ses  implications  dans le bulletin paroissial « La sève ». Elle conserve ses engagements dans la communauté de Blercourt/Dombasle (programme des chants…obsèques…) Elle viendra assurer quatre heure de permanence au presbytère de Dombasle, tous les mercredi après-midi. Elle continue son engagement dans le Service Evangélique des Malades (visites et communions à domicile).     .

Madame Chantal JEANNESSON (Neuvilly) a assumé depuis bien des années, à titre bénévole, non seulement la catéchèse d’une ou deux équipes d’enfants mais aussi l’organisation  et la coordination de la catéchèse sur tout le secteur de Clermont. Elle estime que le temps est venu pour elle de passer la main et de laisser d’autres, plus jeunes si possible, s’engager au service des enfants et de la transmission de la foi. Chantal reste membre de l’EAP et conserve ses engagements au service de la liturgie. Pour la rentrée 2019, c’est moi qui assurerait la catéchèse des enfants en primaire sur le secteur de Clermont et des Islettes.

Au nom de toute la paroisse, surtout des enfants et des familles, je remercie Françoise et Chantal pour leur dévouement au service de l’Eglise et à travers elle au service du bien humain et spirituel de tous…, des enfants surtout…des personnes en santé fragile , voire en deuil. Je les remercie pour ce qu’elles continuent d’assumer.

Et si on recevait leur départ (partiel) comme un appel…

Deux chantiers diocésains

Depuis un an, notre diocèse s’est engagé dans deux sujets de réflexion.

¨ Le premier est  autour du mot appel. D’une part tout être humain est appelé à une vie toujours plus belle, plus sainte disent les chrétiens, une vie d’ouverture aux autres, de service, d’engagement… D’autre part, nous avons à être appelant pour les autres : « oser appeler. » C’est le mot d’ordre du tract d’invitation aux journées du pèlerinage à Benoîte-vaux.

¨ Le deuxième sujet est autour de l’avenir de notre diocèse. En tenant compte de la réalité de nos effectifs, quel diocèse voulons-nous être en 2024… c’est-à-dire d’ici 5 ans ? Et plus concrètement, la paroisse Saint-Baldéric d’ici 5 ans ? Coté prêtres, s’il y a actuellement environ 25 prêtres en pleine activité dans le diocèse, il n’en restera plus qu’une quinzaine en 2025. Je n’en serai plus. Même si dieu me prête vie, j’aurai atteint l’âge de ne plus être curé mais « prêtre qui peut rendre un service ici ou là ». Mais, n’en faisons pas qu’une question  de  prêtre : en 2024 (et après), posons-nous la question : qui pour offrir de la catéchèse aux enfants et aux jeunes, pour porter la communion aux malades, accompagner les familles en deuil, pour assurer les chants et la musique d’une messe, d’une cérémonie de mariage, d’obsèques…

La semaine Sainte (Parution du 16 juin 2019)

La Pentecôte, c’est 50 jours après Pâques. Ce numéro de la sève vous parvient aux environs de la Pentecôte. Pourtant, j’ai envie de reparler de la Semaine Sainte et donc de vous inviter à un retour en arrière de quelques 7 ou 8 semaines. D’abord, je fais un constat plutôt positif : Mis à part une ou l’autre cérémonie, les offices de la Semaine Sainte réunissent sensiblement autant de monde d’une année à l’autre. Quand on sait que la population vieillit, voire disparait, notamment celle des pratiquants réguliers, cela veut dire que de nouvelles personnes pratiquent ces jours-là. Les Rameaux ont réuni une belle assemblée  notamment à Varennes. Mais, de la Semaine Sainte, je veux surtout reparler de trois types de cérémonies

Les célébrations pénitentielles. Elles ont été suivies par près de 300 personnes, de notre paroisse Saint-Baldéric mais aussi des paroisses voisines. Vous savez que l’absolution collective fait  débat au sein de l’Eglise. Des prêtres refusent systématiquement de la proposer, ne voulant pratiquer que des absolutions individuelles. Je ne suis pas contre l’absolution individuelle que je pratique parfois, mais je constate que la grande majorité des chrétiens est contre. A cause de l’aveu à un prêtre, beaucoup s’y refusent et soit ne vivent plus le sacrement du pardon, soit vont là où se pratique l’absolution collective. Pour ma part, je trouve – et peut-être encore plus cette année que d’autres – que la qualité de l’attention, de l’écoute, des silences, traduit une réelle implication de chacune et chacun. Je ne doute donc pas du bien spirituel qu’offrent ces célébrations du sacrement du pardon.

Les messes du jeudi-Saint : A Clermont, Véry et Dombasle. Certes, on a perdu un peu en intensité depuis qu’on ne peut plus célébrer en semaine dans la chapelle de Varennes (mais à Very). Pourtant ces trois messes ont réuni plus de monde que les trois messes d’un dimanche « ordinaire ». Et puis, pour les enfants de la première communion, c’est une réelle initiation à la messe et au sens de l’Eucharistie : pourquoi célèbre-ton la messe avec du pain « tout plat », pourquoi le prêtre montre-t-il l’hostie en disant « voici l’Agneau de Dieu », et l’Evangile du lavement des pieds montre le lien entre messe et charité.

La marche de Pâques et la Veillée Pascale : C’est une « spécialité Argonnaise » ! Elle nous vient de l’abbé Michel SIMONIN. D’autres paroisses -et on s’en réjouit-essaient de lancer cela. Cette année, nous étions un peu moins, (une soixantaine alors que nous avons parfois dépassé les 80). Mais j’ai trouvé le groupe bien homogène, réfléchissant ensemble, ados, jeunes et  adultes. Et le résultat a été un message bien cohérent, et engagé. A la pause, à Boureuilles, sur l’air de « Oui, je roule, roule, roule… » du chanteur SOPRANO, les jeunes ont mis des paroles et chanté. Vous pouvez lire ci-contre refrain et couplets. D’autres groupes se sont exprimés sur des panneaux, tant à propos de la protection de l’environnement que pour la paix. Dans la veillée pascale, cela devenait  : « Comme Dieu a vu l’esclavage de son peuple et envoyé Moïse le délivrer, il appelle aujourd’hui le méchant à abandonner sa conduite, chacun à laisser son cœur devenir meilleur, chacun à devenir levain dans la pâte ».

Sur l’air de « Oui, je roule, roule , roule… »

Donc, je pense, pense, pense, pense, pense

Tout au long de cette marche.

Les idées  fusent, les soucis m’usent

et c’est Jésus qui guide ma démarche.

Et je pense, pense, pense, pense, pense,

pendant tout le parcours

à mes amours, à mes amis

et à tous ceux qui m’aident aujourd’hui.

 

Regardez les réfugiés

qu’on laisse au milieu de la Méditerranée.

Tous en quête de nourriture,

alors qu’ici on a trop  à manger.

 

Tu balances tout dans la mer

et tu ne respectes pas la terre.

Aujourd’hui, tu gaspilles tout,

mais qu’est-ce qu’il restera de nous ?

 

Nous sommes sans cesse sollicités  par ces lumières, souvent éphémères,  parfois mensongères.

Alors éteignons nos télés, nos smartphones

et allons à la rencontre de notre prochain.

 

Quand je me dispute avec quelqu’un,

je crois toujours avoir raison

Puis, je me dis viens, prends moi la main.

L’essentiel, c’est de faire la paix.

(Les marcheurs de Pâques 2019)

 

 Fête de l’Assomption de la Vierge Marie (Parution du 4 août 2019)

Je vous espère les uns et les autres passant un bon été : temps de moisson et de récolte et/ou de repos…voire de vacances. Bienvenue aussi à ceux et à celles qui viennent passer des vacances en Argonne et qui liront ces lignes.

Une fête religieuse est au centre de l’été : la fête du 15 août, fête de l’Assomption de la vierge Marie. « Nous affirmons, nous déclarons et nous définissons comme dogme divinement révélé que l’Immaculée mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme  à la gloire céleste ». C’est par ses mots que, le 1° novembre 1950, le pape Pie XII affirmait la foi en l’Assomption de la vierge Marie.

Cette foi était déjà très répandue chez les chrétiens d’Orient –même si ceux-ci préfèrent parler de la « Dormition de la vierge Marie »  – comme chez ceux d’Occident. Il semble que la date du 15 août ait d’abord été choisie par les orientaux vers le 6ème siècle. En France, le 15 août était devenu jour de fête nationale. Durant la guerre de trente ans (1635-1648), après une série de victoires françaises, le roi Louis XIII avait décidé d’édifier un nouveau maître-autel dans la cathédrale de Paris et de faire célébrer, chaque année, la fête de l’Assomption, le 15 août, par des processions dans toutes les villes et bourgades de France.

Les messes et offices du 14/15 août 2019 sont au  dos de cette feuille.

 

A propos des abus commis dans l’Eglise (Parution du 5 mai 2019)

           L’actualité récente a révélé bien des abus sexuels au sein de l’Eglise Catholique notamment vis-à-vis d’enfants ou d’adolescents.  Des faits anciens, des faits plus récents, en de nombreux pays et commis par des prêtres ou des évêques. Bien des chrétiens, à commencer par vous peut-être, sont troublés par ces révélations. Moi-même, j’avoue que je le suis, non pas que je pensais l’Eglise toute blanche, y compris à ce sujet, mais pas contaminée à ce point.

Le dimanche 3 mars, l’Evangile lu à la messe comportait deux paraboles : celle de la paille et de la poutre et celle de l’arbre que l’on reconnait à ses fruits. Pour l’homélie du jour, je les ai méditées en pensant à ce fléau qui gangrène notre Eglise.

(Extraits) : En lien avec cette page d’Evangile, « je pense à ce que vit l’Eglise Catholique ces temps-ci, notre Eglise. Difficile pour elle de ne pas voir la poutre qui est dans son œil. Certes, il y en a qui sont tentés de dire « mais la pédophilie, ce n’est pas que dans l’Eglise ! » Oui, mais les cas s’accumulent du haut en bas de la hiérarchie, ça commence donc par faire une belle poutre !

Alors, l’Eglise va-t-elle quand même encore porter des fruits ? Son message est-il encore audible ? D’aucuns répondent sans doute non…Ce n’est pas le coup de grâce mais, au moins un rude coup porté à l’Eglise.

Personnellement, je pense que, malgré tout, l’Eglise peut continuer à porter du fruit, des fruits, de bons fruits :!

D’abord, auprès de ceux qui font la part des choses…dans le cercle des croyants, des plus convaincus. Ceux-là, parmi lesquels peut-être d’ailleurs des victimes d’actes pédophiles, se disent : ce n’est pas aux membres du clergé que l’on croit, en qui on met toute sa confiance, mais au Christ.  On a en tête cette phrase de saint Paul : « Nous portons un trésor dans des vases d’argile ». Le trésor, c’est le Christ, pas l’apôtre ou tel ou tel prêtre.

Mais, c’est vrai aussi, ceux qui sont plus loin de la foi, seulement un peu sympathisants, sont sans doute plus enclins à tourner le dos à l’Eglise. Et là, je crois que les deux petites paraboles d’aujourd’hui peuvent être utiles. Car, sans doute, l’Eglise fera-t-elle encore plus fuir, si elle n’adopte pas une vraie humilité, si elle se défend maladroitement, à plus forte raison si elle essaie de se justifier. Le pape François, me semble-t-il, va dans ce sens, avec ses limites humaines aussi.

Ces années que vit notre Eglise sont rudes pour nous les fidèles. Pourtant: « N’ayons pas peur » surtout déjà de porter les victimes dans notre cœur, dans nos préoccupations. « N’ayons pas peur » aussi, collectivement, de reconnaître les faiblesses de notre Eglise.

Être humble, savoir reconnaître la poutre dans son œil n’est pas contraire à porter du fruit…Sans doute même que c’est l’inverse.