Rien ne peut nous séparer du Christ !

 

« Frères, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? » C’est ce cri de St Paul dans la lettre aux Romains qui servira de fil conducteur pour notre réflexion. Paul et l’Eglise primitive traversent des moments difficiles. L’apôtre et ses communautés se heurtent à l’opposition violente de certains membres des assemblées juives qui voient les chrétiens comme des renégats, des faux frères. Ils sont aussi persécutés par les païens car les chrétiens sont réticents au culte de l’empereur romain. Et Paul personnellement a subi toutes sortes de difficultés au cours de ses voyages : la faim, le dénuement, le froid, les brigands, les persécutions de ses anciens amis de la synagogue. Malgré toutes ces épreuves, Paul tient bon dans la foi. Le Christ demeure son appui, son rocher, sa citadelle son refuge pour reprendre les termes des psaumes. Rien ne pourra le séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur. Et nous aujourd’hui ! nous pourrions énumérer aussi toutes les épreuves que nous traversons actuellement : la pandémie et toutes ses conséquences humaines, économiques, sociales. Les difficultés de se rassembler pour la messe, les sacrements, les gestes barrières et les mesures sanitaires éteignent l’ambiance de fraternité joyeuse. L’apparente désaffection de nombreux baptisés pour la vie de l’Eglise, la « déchristianisation » de la société…Mais comme St Paul nous pouvons dire : « Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ ». Cet amour de Dieu le Père, Jésus le manifeste aujourd’hui dans l’Evangile par son regard de compassion pour les foules dont il guérit les malades. Cet Amour du Père pour l’humanité se traduit par l’attention de Jésus au problème du moment : la foule a faim. Il faut lui donner à manger. La solution proposée par les disciples de renvoyer tout le monde dans les villages acheter de la nourriture ne convient pas à Jésus. « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Nous n’avons que cinq pains et deux poissons ! Eh bien, offrez-les ! C’est à partir de ce geste de partage multiplié que la foule va manger à sa faim. Après la bénédiction « ni les pains ni les poissons ne prolifèrent, ils passent simplement de main en main (de Jésus aux disciples et des disciples à la foule) et par la vertu de ce partage, ils nourrissent tout le monde jusqu’à l’excès ». Comment traduire aujourd’hui ce message dans la vie de l’Eglise et la vie de chacun ? La pandémie a révélé les fractures sociales dans notre pays et encore plus des fossés entre pays riches et pays pauvres. Se nourrir devient de plus en plus difficile chez nous pour une certaine catégorie de la population. Dans certains pays le choix est cornélien : mourir de faim ou mourir de la maladie. L’Eglise, nos communautés chrétiennes ne peuvent être qu’au premier poste pour un partage solidaire. On ne peut partager le pain de l’Eucharistie sans vouloir le pain quotidien pour tous. C’est le désir de Dieu notre Père. C’est notre prière quotidienne : « donne-nous notre pain de ce jour ». Ce pain quotidien est aussi celui de la Parole de Dieu. « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Parole dont nous avons pu retrouver l’importance parce qu’elle restait notre appui durant le confinement avec la suspension des célébrations religieuses. Accueillir la Parole, c’est accueillir le Christ, Parole de Dieu incarnée, Alors malgré toutes les épreuves du moment, rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ Notre Seigneur.