Homélie du 10 juin 2018

    HOMELIE   DU  10  JUIN        (Genèse 3,9-15  Marc 3,20-35)

Cet évangile de Marc est assez étonnant, de plus on ne le lit pas souvent… En effet il nous parle de deux choses : des réactions de la famille de Jésus et de celles des scribes, suite à ses premiers discours et à ses guérisons. Pour sa famille, il a perdu la tête et ils viennent pour le récupérer… Pour les scribes, il est tout simplement possédé du démon… Dans ce texte, il est question deux fois de la présence de la famille de Jésus et de son désaccord avec son attitude. Marc nous précise bien dans le deuxième passage que la mère de Jésus était bien présente au milieu de la famille. Et ce qui ne peut que nous frapper c’est la réponse de Jésus à ceux qui lui signalent que sa famille est là et qu’elle le cherche. : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ?…. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. » A première lecture quelle dureté, vis-à-vis de Marie… Comme d’habitude il nous faut chercher plus loin le sens de cette réaction, le message qui nous est délivré. Jésus n’attaque pas du tout la personne de Marie parce que s’il y a bien quelqu’un qui a fait la volonté de Dieu, c’est bien elle ! En fait,  cela s’adresse au peuple juif qui au nom de sa race s’arroge le droit d’être le peuple élu et la race choisie… Et le message de Jésus on le connaît, il est claire, c’est le monde entier qui est peuple élu, race choisie, ce n’est pas une histoire de famille, il n’y a aucun privilège qui serait lié à une quelconque histoire de famille ou de race…

Il y a un autre aspect présent dans le texte, soulevé par les scribes : La question du démon. Et pour bien comprendre cette histoire du diable, l’Eglise nous fait lire, en première lecture, l’histoire du démon avec Adam et Eve, ce serpent, la représentation du mal… Nous connaissons l’histoire du paradis terrestre : Cette discussion entre le serpent et Adam et Eve à propos du seul arbre à éviter parce que Dieu leur a dit que c’était celui de la connaissance de ce qui rend heureux ou malheureux…Et le serpent le reprend en disant : « Mais non, si Dieu vous dit de ne pas manger du fruit sur cet arbre, c’est parce que en en mangeant vous serez comme des dieux… »  Vous serez l’égal de Dieu. Donc le serpent leur a soi-disant « ouvert les yeux » en leur susurrant que Dieu n’était pas leur allié, qu’il voulait garder le meilleur pour lui, qu’il les redoutait presque !  « Il a peur que vous deveniez ses égaux … » En fait leurs yeux se sont bien ouverts, mais leur regard est complètement faussé : désormais ils vivront dans la peur de Dieu, et c’est pour cela qu’ils se cachent et qu’ils n’osent plus se montrer tels qu’ils sont. Une des conclusions de ce texte c’est que le mal ne vient pas de Dieu mais aussi qu’il ne fait pas non plus partie de la nature de l’homme (c’est le serpent qui les a trompés)…

Dans ce sens, Jésus conclue sa réflexion dans la lutte qu’il mène contre le mal : « Dieu pardonnera tout aux enfants des hommes, tous les péchés et tous les blasphèmes… » Si ce n’est pas un amour inconditionné pour l’homme ça, on est loin d’un Dieu qui aurait peur qu’on devienne ses égaux… Il y a un mais : Il y a un péché qui ne sera jamais pardonné c’est celui contre l’Esprit Saint…Quand on sait ce qu’est le péché contre l’Esprit, c’est un peu logique : Le péché contre l’Esprit, c’est le refus pour l’homme de croire en la force de l’amour de Dieu, c’est refuser d’être aimé par Dieu… Dieu ne peut aller contre cette liberté donnée à l’homme dans sa dignité.

En conclusion, je prendrai deux petits faits que j’ai vécu cette semaine où j’ai eu le sentiment de réagir comme un « possédé » du démon : Le premier lié à un baptême que je vais faire ce dimanche. J’avais le sentiment de n’avoir eu aucune nouvelle et j’en avais conclu (comme cela arrive de temps en temps) que ce baptême n’aurait pas lieu et qu’on ne m’avait pas prévenu. Courant de la semaine, je reçois un coup de téléphone de la maman me demandant si on pouvait prendre des photos pendant le baptême… Un peu sèchement, je réponds : « Oui, mais j’aimerais quand même bien vous voir avant le baptême au moins pour  les renseignements ! » Elle me répond : « Mais vous êtes venus l’autre jour au moment de l’orage… » Aussitôt tout m’est revenu et je me suis excusé. Je sais que j’oublie maintenant beaucoup de choses, je devrais être amené à faire davantage confiance aux personnes…Cela éviterait des paroles pas sympas…  Le second petit fait devait se passer aussi ce dimanche. J’avais repris contact avec des amis dont le mari mange Végane (rapidement dit : sans viande) La femme m’avait donné rendez-vous pour un repas dans le coin ce dimanche. Dans ma tête je me suis dit pour trouver un restaurant Végane dans le coin, ça ne va pas être simple, voire impossible. Et effectivement la personne me rappelle vendredi soir et avant qu’elle n’ait pu causer, je lui ai dit que je comprenais que ce n’était pas simple qu’il faudrait sûrement chercher plus loin… Et que ce serait pour plus tard. En fait elle ne m’appelait pas du tout à cause de cela : Elle me téléphonait de la salle d’attente d’un médecin car elle venait d’avoir de gros problèmes de santé. Et qu’elle me tiendrait au courant pour la suite… J’étais parti sur un a priori, je n’avais pas fait confiance, je n’avais pas cru dans les personnes ! Cela n’est pas heureux et je conçois que cela puisse blesser !

Daniel Bertèche