méditation de l’abbé Manuel pour le 7ème dimanche de Pâques

Bonjour à tous,

Vous trouverez ci-dessous la méditation de l’abbé Manuel à partir de l’Evangile de ce dimanche 24 mai.
A la messe de demain, nous porterons dans nos intentions : Jean Loddo et les défunts des familles Loddo, Pancher, Nivelet, Bastien, Gille.

Notez dès à présent : Nous vous confirmons que les célébrations eucharistiques reprendront le samedi 6 à 18h et dimanche 7 juin à 10h30.
Nous essaierons de vous communiquer un maximum d’éléments pour l’organisation de ces célébrations la semaine prochaine.

En vous souhaitant un bon dimanche et un beau chemin vers la Pentecôte.


« La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ». C’est une des affirmations de cette grande prière que Jésus fait à son Père. Et on peut l’affirmer sans trop de peine : la seule mission de Jésus, c’est de nous faire connaître son Père. Or, n’avons-nous pas tous tendance à réduire la foi chrétienne au seul Christ ? Et dans le fond, qui est le Père ?

Il est bien légitime pour nous, croyants, de nous concentrer autant sur le Christ. En effet, les Evangiles que nous entendons chaque dimanche ne parlent que de lui, et toute notre prière est souvent tournée vers ce Fils et vers tout ce qu’il a accompli pour nous. Et pourtant, s’il a fait tout cela, s’il a tout donné pour nous, c’est bien parce que quelqu’un d’autre lui en a donné la mission.

La figure du Père, dans la Bible, n’a cessé d’évoluer. L’idée de base, c’est de comprendre que le Dieu d’Israël est révélé comme Père au moment de l’exode, en se montrant protecteur et nourricier en même temps que Maître. Il s’agit de comprendre que pour Israël, Dieu est devenu Père au moment où la confiance est pleinement établie. Et c’est de cette idée que la révélation de Dieu va s’étoffer avec Osée et Jérémie qui souligneront l’extrême tendresse de Dieu (Osée 11, 3-8 / Jr 3, 19 ; 31, 20). Avec cette révélation, ainsi que le fait que Dieu choisit son peuple, chaque personne sur cette terre devient l’objet de sa tendresse et de sa protection. C’est une idée individuelle à laquelle le Christ apportera une dimension collective.

Bien plus qu’une dimension collective, le Christ apporte dans ses mains le Père lui-même. Bien plus qu’une élection, le Christ nous dit que le Père nous a créés par choix et par amour. Bien plus qu’une identité individuelle, nous devenons, en Christ, des fils et des filles de Dieu. Et cela, il le concrétise en appelant ses frères (Mt 28, 10) d’abord ses disciples, puis par extension tous ceux qui adhéreront à son message ou qui seront sur le chemin de le faire. Depuis Pâques, l’Eglise exprime, en récitant le « Notre Père », la conscience d’être aimée de l’amour même dont Dieu enveloppe son propre Fils (1 Jn 3,1). C’est certainement ce que Luc suggère en nous faisant seulement dire « Père ! » (Lc 11, 2) comme le Christ.

C’est certainement dans cette figure du Père que nous devons chercher le sens de paternités et maternités, tant physiques que spirituelles. Ces temps de confinements que nous avons vécus ont montré l’importance que les parents ont dans leurs rôles d’éducateurs, de consolateurs, d’aimants. La figure du Père à laquelle nous devons tous ressembler nous dit l’importance de la fraternité, surtout en ces temps que nous vivons. La prière que nous entendons dans l’Evangile est en fait un appel à toutes les personnes à suivre le Père : « la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent ».

Que ce temps de déconfinement ne pousse pas le monde à plus de concurrence qui ne mènerait qu’à une survie précaire, mais bien à plus d’humanité où la personne dans toutes ses dimensions est prises en compte, tant dans ses forces que dans ses faiblesses.