SANS JÉSUS, NOUS NE POUVONS RIEN FAIRE

« SANS JÉSUS, NOUS NE POUVONS RIEN FAIRE »

 C’est le titre d’un récent petit livre publié par le pape François dans lequel il insiste sur l’urgence de l’évangélisation dans la mission de l’Eglise.

Qu’est-ce que la mission ?

Le mot vient du latin missio, envoyer ; de même d’ailleurs que le mot « messe » : à la suite du Christ qui répand l’Esprit Saint sur les apôtres lors de la Pentecôte et les envoie (« Allez dans le monde entier et proclamez l’Evangile à toute la création, Mc 16,15),  l’Eglise a reçu cette tâche comme « obligatoire » (Concile Vatican II). La mission est donc au fondement de l’Eglise.

D’hier à aujourd’hui

On peut distinguer quatre périodes d’évangélisation dans l’histoire de l’Eglise :

– au début, les Apôtres bien sûr, qui sont les premiers missionnaires ;

– à partir du Ve siècle, l’évangélisation de l’Europe s’est faite par les moines ; ceux d’Orient sont allés jusqu’en Chine, mille ans avant les jésuites ;

– à partir du XVe siècle, la mission devient une affaire de « professionnels » avec St Ignace de Loyola, St François-Xavier et bien d’autres familles religieuses : évangélisation de l’Amérique du Nord, du Sud, et de l’Asie ;

– avec le XXe siècle, la mission devient l’affaire de tous : « Toute l’Eglise est missionnaire » dira le Concile Vatican II.

Pas si facile de parler de Dieu aujourd’hui !

L’Eglise tâtonne et fait ce qu’elle peut. Il y a eu l’époque où les missionnaires étaient persécutés, l’époque où l’Eglise s’est montrée autoritaire voire conquérante, l’époque où les missionnaires sont apparus compromis avec les colonisateurs, l’époque où elle s’est comprise comme « servante », comme « levain dans la pâte » pratiquant la mission comme « un enfouissement », l’époque enfin depuis Jean-Paul II où elle a promu une nouvelle évangélisation à partir des communautés nouvelles et des mouvements charismatiques. Alors… mission victime, mission politique d’Etat, mission colonialiste, mission trop discrète, mission trop prosélyte ? Pas si simple !

Quelques conclusions provisoires

– La mission est à redécouvrir et à approfondir : à l’occasion du dernier Congrès Mission en septembre 2019, a été publié un Manifeste pour la Mission, en 10 thèses, aux Editions Salvator (18 euros) signé par deux laïcs : Raphaël Cornu-Thenard et Samuel Pruvot.

– Par peur d’être accusés de prosélytisme par des courants laïcs purs et durs, beaucoup de catholiques ont tendance à s’autocensurer : c’est dommage ; faisons bien la différence entre le prosélytisme qui est de l’ordre du harcèlement et de la pression sur les consciences et l’assurance voire l’audace d’affirmer qui nous sommes et de proposer la foi.

– Reprenant une remarque de Benoît XVI, le pape François nous rappelle que « … l’Eglise ne grandit pas par prosélytisme mais par attraction ».

– Attirer, donner envie, voilà bien le problème de fond… Dans son nouveau livre d’entretiens le pape François prône une annonce de la foi par l’attraction et le témoignage de tous. Il nous avertit aussi : « Si l’Eglise n’annonce pas le Christ, elle se corrompt ».

 Pape François, Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire. Etre missionnaire aujourd’hui dans le monde. Bayard/Librairie éditrice vaticane, 128 p., 12,90 euros.

P. Yves GERARD