Edito du 17 juin

 LA CONFIRMATION, TROISIÈME SACREMENT DE L’INITIATION ?

 

De nos jours le sacrement de la confirmation, que nous célébrerons le 30 juin prochain, vient couronner le cheminement de l’initiation chrétienne commencé au baptême et poursuivi dans la première communion. Il n’en a pas toujours été ainsi

Chez les orthodoxes de rite byzantin, la confirmation est appelée « chrismation ». Elle est conférée à l’enfant dans le cadre d’une unique célébration juste après le baptême et juste avant l’eucharistie. Est soulignée dans cette étroite relation entre les trois sacrements de l’initiation que c’est la Trinité toute entière qui est à l’œuvre.
Chez les protestants, la confirmation n’est pas un sacrement. Les jeunes protestants sont confirmés vers l’âge de 14 ans, après avoir passé un examen de connaissance biblique et théologique. Le pasteur leur impose les mains, les confirmant dans l’alliance de leur baptême. Les jeunes vivent leur confirmation comme une appropriation personnelle de leur baptême, un passage vers une foi adulte. Ils reçoivent alors pour la première fois le pain et le vin.

Ce qu’est pour nous la confirmation

Le catéchisme de l’Église catholique en donne la définition suivante : « l’effet du sacrement de confirmation est l’effusion spéciale de l’Esprit Saint, comme elle fut accordée jadis aux Apôtres au jour de la Pentecôte. De ce fait, la confirmation apporte croissance et approfondissement de la grâce baptismale ». Baptême et confirmation sont donc intimement liés.

L’origine de la confirmation

Même si elle n’apparaît pas explicitement comme telle dans l’évangile – d’où sa non reconnaissance comme sacrement par les protestants – elle s’inscrit pour nous dans une belle continuité :

– le Père a fait descendre l’Esprit Saint sur Jésus dans le Jourdain, le confirmant par là comme Fils et « Messie », « oint » (en hébreu), « Christ » (en grec) ;
– le Christ l’a répandu sur ses apôtres à Pâques ; ce don a été déployé ensuite au jour de la Pentecôte ;
– les apôtres l’ont ensuite communiqué aux nouveaux baptisés par l’imposition des mains.
– dans les premiers siècles de l’Église, tout d’abord un diacre baptisait les catéchumènes, puis les prêtres donnaient une première onction d’huile parfumée sur tout le corps sauf la tête ; enfin l’évêque concluait la chrismation par une onction d’huile sur la tête, confirmant ainsi le don reçu au baptême.
– l’Église s’étendant dans les campagnes, il est vite devenu impossible à l’évêque de célébrer lui-même tous les baptêmes. A partir du 10e siècle en Occident, la chrismation épiscopale a donc été complètement séparée du rite baptismal, devenant ainsi un sacrement en elle-même.

A quel âge peut-on être confirmé ?

Le code de droit canonique (1983) conseille de recevoir la confirmation vers 7 ans mais laisse à chaque conférence épiscopale le soin de statuer pour son territoire. Les évêques de France préconisent que la confirmation soit donnée entre 12 et 18 ans, pour souligner qu’elle est le sacrement de la maturité chrétienne et de l’engagement dans l’Église ; mais ce choix ne suit plus l’ordre rappelé par Vatican II : baptême, confirmation puis eucharistie, sommet de l’initiation chrétienne.
Bien sûr, il est toujours possible à un adulte baptisé, quel que soit son âge, de demander la confirmation au prêtre de sa paroisse. Quant aux catéchumènes adultes, la confirmation leur est généralement conférée tout de suite après le baptême.

P.Yves GERARD