Messe pour les victimes de la pandémie (homélie, photos…)

Le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe propose pendant le Carême un grand réseau de prière eucharistique pour les victimes de la pandémie de Covid-19. Les fidèles sont invités à prier pour les 770.000 morts en Europe attribués au coronavirus ainsi que pour leurs familles, les malades et tous ceux qui sont en première ligne de la lutte contre la pandémie.

Cette prière a eu lieu le vendredi 26 février en France.

Quarante-cinq pays européens au total participent à ce relais de prière pendant le Carême : autant de communautés qui veulent marquer un signe fort d’espérance et de communion avec tous les chrétiens du continent.

https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2021-02/ccee-careme-priere-coronavirus.html

 

Homélie de Mgr GUSCHING

Humilité de Dieu, Foi des Hommes !

 

Dans l’évangile, Jésus nous parle de fidélité, de l’orientation de notre cœur. L’accomplissement de la loi se révèle en nous par la charité qui élargit notre cœur et nous rend capables d’agir à la manière du Christ.  C’est ainsi que Jésus va préciser ce nouveau regard de la loi. Il s’agit de renoncer à tel désir ou tel acte par respect de la vie, respect de l’autre et non par peur de la loi. Tu ne commettras pas… et bien moi je vous le dis, voilà une nouveauté absolue dans la loi d’Amour de Dieu. Jésus veut nous faire comprendre que le péché est intérieur à l’homme, qu’il est au niveau de sa conscience avant de s’exprimer dans l’acte répréhensible de la loi.

Voilà effectivement un enseignement nouveau, un enseignement exigeant qui appelle plus largement, non plus simplement à respecter la loi, à être en règle, mais à la vérité intérieure, non plus respecter seulement les commandements mais les personnes.

Quelle est la nouveauté de son discours ?

Précisément, les commandements avaient pour fonction de définir ce qui étaient interdit et ce qui était autorisé, si bien que la fidélité aux commandements pouvait se résumer à connaître par cœur ce qui était autorisé ou pas. Mais ce processus n’a pas de fin. Nous en avons l’exemple dans notre société où des lois de plus en plus pointues se font jour, comme si cette accumulation d’obligations et d’interdictions pouvaient garantir la qualité de la vie.

Comment aider à la liberté, sans la censurer ?

Comment aider l’homme à comprendre ce qui est bien et ce qui est mal, et de pouvoir choisir en toute liberté. Ce qui est en jeu c’est l’orientation du cœur. Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas de meurtre : au cœur de toute société, il y a cet interdit fondamental qui pose la vie humaine comme sacrée, auquel personne n’a aucun droit pour y porter atteinte. Le respect de la vie commence par apprendre à aimer ce qu’il y a de plus fragile dans l’existence humaine. Dieu veut des relations de qualité. Là, il ne s’agit plus d’être en règle, conforme extérieurement mais de devenir conforme intérieurement. Il ne s’agit plus simplement d’éviter le meurtre, mais la colère ; d’éviter l’adultère mais le désir. C’est là que la liberté de l’homme fait son chemin que le Christ ouvre devant nous.

Continuons ensemble, notre marche à la suite du Christ, sur un chemin de vie qui engage nos actes, nos paroles et notre cœur. Il dépend de chacun d’entre nous de choisir ce chemin de liberté et de vie. Essayons de mettre de la charité dans chacune de nos relations. Les projets ne se construisent que dans l’entente, le consensus, le respect. Soignons nos relations afin de poursuivre notre but dans une plus grande charité et profitons de ce temps de Carême pour fortifier cette vertu. St Augustin disait « Aime et fais ce que tu veux ! ». Autrement dit : si tu aimes selon Dieu, la loi ne pèsera pas sur toi, elle deviendra source de liberté car seul l’Amour suffit. Jésus nous mène sur des sentiers toujours nouveaux de justice et de paix. Notre vie de chrétien dans sa pratique est de l’ordre de l’Amour.

Humilité de Dieu, Foi des Hommes !