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Caïn et Abel

Chronique du P. Joseph de Metz-Noblat, Vicaire Général du Diocèse de Verdun

La violence qui secoue notre société nous surprend. Il n’est pas un jour qui passe sans que nous n’apprenions un drame, aussi inhumain qu’insensé : l’agression d’un collégien, l’assassinat de deux gendarmes, ont ainsi frappé les esprits ces temps derniers, à juste titre. Comment l’homme peut-il ainsi se retourner contre lui-même ?

La tragique expérience de cette violence inscrite au cœur de l’humanité est déjà présente dans le récit biblique. Le meurtre d’Abel par son frère Caïn, jaloux de lui, en est le paradigme : « Le péché est tapi derrière ta porte prêt à bondir sur toi, mais tu peux le dominer » (Gn 4, 7).

La réaction spontanée à la violence est la violence ; mais peut-on combattre le mal par le mal ? Le seul moyen d’échapper à une spirale qui s’avérerait infernale et encore plus destructrice est sans doute ce que le philosophe Bergson appelait « un supplément d’âme ».

Nous ne pourrons pas supprimer la violence qui nous habite, nous pourrons peut-être au moins la transcender.

P. Joseph de Metz-Noblat
27.06.12

 

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